Dry sift et static : les résines CBD tamisées à sec

Catégories : CBD VARIÉTÉS

Le dry sift est une résine de chanvre obtenue en tamisant la plante à sec, sans eau ni solvant ; le static en est une version plus poussée. Voici comment fonctionnent ces deux techniques, ce que changent la taille des mailles et le nombre de passages, en quoi elles diffèrent de l'extraction à l'eau glacée, et ce que l'on trouve en France sous ces noms en version CBD.

En bref : « dry sift » veut dire « tamisé à sec ». Les fleurs de chanvre séchées sont secouées sur des tamis aux mailles calibrées : les trichomes (les petites glandes de résine) passent, la plus grande partie des débris végétaux reste au-dessus. La poudre obtenue, appelée kief ou pollen, est ensuite pressée ou non. Le static ajoute une étape de tri par électricité statique : les têtes de trichomes et les débris de plante ne se chargent pas de la même façon, ce qui permet de les séparer et d'obtenir une poudre plus pure. Dans les deux cas, il n'y a ni eau ni solvant, à la différence de l'ice water hash, fait dans un bain d'eau glacée. En France, une résine dry sift CBD est issue de variétés de chanvre autorisées, sous le seuil légal français. Elle se vaporise ; elle ne se cuisine pas et ne s'infuse pas.

Tête de chanvre séchée, tamis métalliques superposés et petit tas de poudre de résine blonde sur une ardoise

Dry sift : c'est quoi exactement ?

Le dry sift (on dit aussi « dry hash », « dry sift hash » ou simplement « le dry ») est une résine de chanvre fabriquée par tamisage à sec. Le nom ne désigne pas une variété de plante, mais une méthode : dry signifie « sec » et sift « tamiser ». C'est l'une des plus anciennes façons de faire une résine. Beaucoup de hashs traditionnels, comme le hash marocain, reposent sur ce principe, puis sur un pressage.

Toute résine provient des trichomes, ces minuscules glandes collantes qui couvrent les fleurs femelles du chanvre. Une étude de l'université de Colombie-Britannique (Livingston et al., The Plant Journal, 2020) a montré que les grands trichomes pédonculés (montés sur un pied), présents sur les fleurs mûres, concentrent les cannabinoïdes et produisent surtout des monoterpènes, les molécules aromatiques les plus volatiles. Faire du dry sift, c'est donc détacher ces glandes de la plante et les séparer des fragments de feuilles, avec un simple tamis.

La poudre brute qui sort du tamis s'appelle le kief, ou pollen dans le vocabulaire des boutiques. Le dry sift est cette même poudre, en général tamisée plus finement, vendue telle quelle ou pressée en plaquette.

Comment se fait le tamisage à sec ?

Les méthodes varient d'un fabricant à l'autre, mais on retrouve le plus souvent ces étapes :

  1. Le séchage : les fleurs et les petites feuilles qui les entourent doivent être bien sèches. Une plante humide colle au tamis et retient sa résine.
  2. Le battage : la matière est posée sur un tamis tendu puis secouée, tapotée ou brassée doucement. Les têtes de trichomes, fragiles, se détachent et tombent.
  3. Le tamisage successif : la poudre passe sur des tamis de plus en plus fins. Le premier retient les gros débris ; les suivants, plus fins, séparent les petits fragments de feuilles des têtes de trichomes : selon la taille des mailles, la résine se récupère sous le tamis ou au-dessus.
  4. Le pressage, ou non : la poudre récoltée peut rester en vrac, être légèrement tassée ou être pressée en bloc. Un pressage léger garde une texture sableuse ; un pressage plus appuyé donne une résine compacte.

Le dry sift se fait le plus souvent à température ambiante. Quand la plante est d'abord congelée pour rendre les trichomes cassants, on parle plutôt de frozen sift ou de frozen hash. Le principe du tamis reste le même : seule la température change. Un brevet américain déposé par Mark Jeffery Rose (US 10 375 892, publié en 2019) précise d'ailleurs que le tamisage peut se faire à l'air ambiant, dans les conditions habituelles de la saison.

Fines particules dorées de résine soulevées vers une plaque transparente par l'électricité statique

Mailles, microns et passages : ce qui fait la pureté

La qualité d'un dry sift dépend surtout de deux choses : la taille des mailles des tamis et le nombre de passages. Les mailles se mesurent en microns (un micron, ou micromètre, vaut un millième de millimètre).

  • Les trichomes ont une taille assez régulière. Le brevet de Mark Jeffery Rose indique des têtes de trichomes nettoyées comprises entre 55 et 110 microns, avec en général 90 à 110 microns pour un chanvre cultivé en intérieur et 60 à 90 microns pour des variétés de plein air traditionnelles.
  • Des mailles trop larges laissent passer des débris : la poudre est plus abondante, mais plus verte et moins pure.
  • Des mailles plus serrées trient mieux, mais elles retiennent aussi une partie des trichomes : on gagne en pureté et on perd en quantité.
  • Les passages successifs affinent le tri. Les mentions « x1 », « x2 » ou « x3 » désignent en général un nombre de tamisages annoncé par le fabricant. Elles ne sont pas normalisées et ne garantissent pas, à elles seules, un niveau précis de pureté. La plus connue est celle du 3x filtré, présenté comme une résine tamisée trois fois.

Le tamisage mécanique a toutefois une limite : certains fragments de feuilles ont la même taille que les trichomes et passent avec eux. Dans une étude publiée en 2025 dans le Journal of Cannabis Research, Charles MacGowan et Alex Martynenko relèvent qu'un simple tamisage mécanique donne une poudre de 40 à 50 % de pureté seulement. C'est cette limite que le tri électrostatique cherche à dépasser.

Le static : trier la résine par électricité statique

Le static (ou « static sift », « static hash ») désigne une résine dont la poudre a été purifiée grâce à l'électricité statique. C'est le même phénomène que celui du ballon frotté qui attire de petits morceaux de papier : des particules chargées sont attirées ou repoussées par une surface chargée.

Dans le cas du chanvre, les têtes de trichomes et les débris végétaux ne réagissent pas de la même façon. L'étude de MacGowan et Martynenko a mesuré ces charges en laboratoire : dans leurs essais, les fragments de plante portaient une charge positive, et les trichomes une charge négative. Leur prototype fait d'abord passer la matière sur deux tamis (250 puis 74 microns), puis envoie la poudre obtenue dans un champ électrique qui écarte les trichomes du reste. Les auteurs annoncent une poudre composée de 80 à 95 % de têtes de trichomes dès le premier passage, et jusqu'à 99,8 % après plusieurs cycles, sans eau ni solvant. Ce sont des résultats de prototype, qui ne décrivent pas un produit du commerce en particulier.

Attention : « static » est un nom de technique, et parfois un simple nom commercial. Il n'est pas normalisé. Pour un produit donné, seule sa fiche dit comment il a été fabriqué et ce qu'il contient.

À gauche, poudre de résine sèche et tamis métallique ; à droite, eau glacée qui s'égoutte dans un seau transparent

Dry sift, static et extraction à l'eau : les différences

Les trois méthodes sont mécaniques : aucune n'utilise de solvant. Ce qui les distingue, c'est l'outil de tri. Dans l'ice water hash, les fleurs sont plongées dans de l'eau et de la glace, agitées, puis l'eau passe à travers des sacs à mailles calibrées, les « bubble bags ». La résine récupérée sort mouillée et doit être séchée.

CritèreDry siftStaticExtraction à l'eau glacée
PrincipePlante séchée secouée sur des tamisPoudre tamisée puis triée par électricité statiquePlante agitée dans l'eau glacée, eau filtrée dans des sacs
EauAucuneAucuneBain d'eau et de glace
SolvantAucunAucunAucun
Séchage après extractionInutileInutileIndispensable
Ce qui fait la puretéTaille des mailles et nombre de passagesDifférence de charge entre trichomes et débrisTaille des mailles des sacs
Texture habituelleSableuse, puis compacte une fois presséePoudre fine et claire, souvent peu presséeGranuleuse à crémeuse selon la maturation
ExemplesKief, pollen, 3x filtré, hashs pressés traditionnelsStatic siftBubble hash, Piatella

Le dry sift a pour lui sa simplicité : pas d'eau à gérer, pas de résine humide à faire sécher. L'extraction à l'eau, popularisée par des sacs comme l'Ice-O-Lator, trie les trichomes autrement et donne souvent des textures plus grasses. Les concentrés comme le wax ou le shatter, eux, sont souvent obtenus par extraction avec un solvant ; la fiche de chaque produit précise sa méthode. Pour vous y retrouver, lisez notre article sur les différences entre wax, solide et jelly.

Texture, couleur et noms du commerce

Une résine tamisée à sec se reconnaît assez facilement :

  • La couleur : du blond clair au brun clair. Plus il reste de débris de feuilles, plus elle tire vers le vert ou le brun.
  • La texture : sableuse et friable en vrac, compacte et mate une fois pressée. Elle se ramollit un peu à la chaleur des doigts.
  • L'odeur : proche de la fleur d'origine, plus ou moins marquée selon la fraîcheur de la plante et la conservation.

Sur les étiquettes, on croise de nombreux noms : dry sift, dry hash, static, x3, ou des mentions de provenance comme « cali dry sift ». Ces appellations renvoient au style ou à l'origine revendiqués par le fabricant, sans règle commune : elles ne garantissent rien à elles seules. Pour comparer des résines entre elles, notre guide pour bien choisir sa résine CBD passe en revue les critères utiles : texture, odeur, origine et format.

Le dry sift CBD en France

Le dry sift vendu légalement dans les boutiques de CBD doit être fabriqué à partir de variétés de chanvre autorisées, qui respectent le seuil légal français. Les mots « dry sift » ou « static » décrivent une méthode ou un style de résine, pas une plante en particulier. Certaines résines associent le CBD à d'autres cannabinoïdes du chanvre : la fiche de chaque produit détaille sa composition.

Le Conseil d'État, dans sa décision du 29 décembre 2022, a annulé l'interdiction générale de vendre les fleurs et feuilles des variétés de chanvre autorisées. Les résines CBD sont réservées aux personnes majeures.

Le CBD est exclu de l'alimentation. Depuis le 15 mai 2026, la DGAL (Direction générale de l'alimentation) applique le cadre européen des nouveaux aliments (Novel Food) : les denrées contenant du CBD ne sont pas autorisées. Le ministère de l'Agriculture l'a rappelé dans un communiqué du 20 mai 2026. Une résine dry sift CBD est destinée à la vaporisation : elle ne se cuisine pas, ne s'infuse pas et ne s'ingère pas.

Vaporiser et conserver une résine tamisée à sec

Comme les autres résines de CBD, le dry sift se vaporise, avec un vaporisateur prévu pour les concentrés ou une chambre adaptée aux résines. Sa texture sèche permet de l'émietter facilement avant de le charger. Pour régler votre appareil, lisez notre guide complet du vaporisateur CBD.

Une poudre tamisée offre beaucoup de surface à l'air : elle perd plus vite ses arômes qu'un bloc pressé. Gardez-la dans une boîte hermétique, à l'abri de la lumière, de la chaleur et de l'humidité. Toutes nos astuces sont réunies dans l'article comment conserver sa résine CBD.

Petit morceau de résine blonde friable sur une pierre à côté d'un vaporisateur portable d'où monte une vapeur douce

Les résines Dry chez CBD'eau

Au 6 novembre 2026, date du relevé des prix, aucune résine en rayon ne s'appelle static. On trouve en revanche une résine Dry, déclinée en deux formats. Leurs fiches décrivent une texture friable et un taux de CBD de 4 %, sans détailler le procédé de fabrication.

Les petits formats d'autres résines sont réunis dans le rayon résine CBD petit format, et toutes nos résines (hash, pollen, frozen, Piatella) dans la catégorie résine de CBD. Retrouvez le reste de notre boutique CBD en ligne. Ces produits sont réservés aux personnes majeures.

Questions fréquentes sur le dry sift et le static

C'est quoi du dry sift ?

Le dry sift est une résine de chanvre obtenue par tamisage à sec : la plante séchée est secouée sur des tamis fins, et la poudre de trichomes qui passe est récupérée, puis pressée ou non. Il n'y a ni eau ni solvant.

Que veut dire « dry sift » en français ?

« Dry sift » est une expression anglaise qui signifie « tamisé à sec ». Elle désigne une méthode de fabrication, pas une variété de plante. On parle aussi de dry hash ou de dry sift hash.

C'est quoi le static ?

Le static est une résine dont la poudre tamisée a été purifiée par électricité statique. Les têtes de trichomes et les débris de plante ne portent pas la même charge, ce qui permet de les séparer. Le nom n'est pas normalisé : la fiche du produit précise sa fabrication.

Quelle différence entre dry sift et ice water hash ?

Les deux séparent les trichomes de la plante sans solvant. Le dry sift se fait à sec, sur des tamis. L'ice water hash se fait dans un bain d'eau glacée, ensuite filtré à travers des sacs à mailles, et la résine doit ensuite être séchée.

Quelle différence entre dry sift et frozen ?

Le frozen est un tamisage à sec fait sur une plante congelée : le froid rend les trichomes cassants, et ils se détachent plus facilement. Le dry sift classique se fait à température ambiante.

Que veulent dire x1, x2 ou x3 sur une résine ?

Ces mentions désignent en général le nombre de tamisages annoncé par le fabricant. Elles ne sont pas normalisées. Le 3x filtré est présenté comme une résine tamisée trois fois.

Le dry sift CBD est-il légal en France ?

Oui, à condition qu'il soit fabriqué à partir de variétés de chanvre autorisées, qui respectent le seuil légal français. Il est réservé aux personnes majeures.

Comment utiliser une résine dry sift CBD ?

Elle se vaporise, avec un appareil adapté aux concentrés. Le CBD n'est pas autorisé dans l'alimentation : la résine ne se cuisine pas, ne s'infuse pas et ne s'ingère pas.

Sources

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien.

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