MDMB-4en-PINACA et ADB-BUTINACA

Derrière les noms de rue comme PTC, Buddha Blue ou K2 se cachent des molécules aux noms bien moins connus : le MDMB-4en-PINACA, l'ADB-BUTINACA ou encore l'ADB-4en-PINACA. Ce sont des cannabinoïdes de synthèse, fabriqués en laboratoire, que l'on retrouve aujourd'hui dans des e-liquides, des herbes et des résines parfois vendus comme du cannabis ou même comme du CBD. Les autorités sanitaires françaises et européennes les associent à de nombreuses intoxications graves.

⚠ Danger : ne consommez jamais ces substances.
Le MDMB-4en-PINACA et l'ADB-BUTINACA sont classés comme stupéfiants en France. Leur production, leur vente, leur achat, leur détention et leur usage sont interdits et constituent des infractions pénales. Ces cannabinoïdes de synthèse, comme l'ADB-4en-PINACA, sont associés à des intoxications graves et à des décès, parfois dès la première prise. Aucun produit vendu comme « CBD », « légal » ou « naturel » ne doit en contenir.

MDMB-4en-PINACA, ADB-BUTINACA et ADB-4en-PINACA : les cannabinoïdes de synthèse cachés derrière le PTC

Ces trois substances sont des cousines chimiques. Elles ont été conçues pour se fixer sur les mêmes récepteurs du cerveau que le THC, les récepteurs CB1, mais avec une force et une efficacité bien supérieures. Là où le THC n'active ces récepteurs que partiellement, ces molécules les activent pleinement. C'est ce qui explique leur toxicité, très différente de celle du cannabis naturel.

Elles n'ont aucun usage médical et n'ont jamais été évaluées chez l'humain. Tout ce que l'on sait de leurs effets provient des intoxications, des analyses de saisies et des travaux des centres d'addictovigilance. Cet article fait le point sur ce que l'on sait de chacune d'elles, sur leur statut légal et sur les moyens de s'en protéger.

Que signifient les noms « PINACA » et « BUTINACA » ?

Les noms de ces molécules sont des abréviations de leur structure chimique. Ils semblent obscurs, mais ils permettent de comprendre pourquoi elles se ressemblent autant :

  • La partie « INACA » désigne le cœur commun : un indazole-carboxamide. C'est la famille chimique de la plupart des cannabinoïdes de synthèse récents.
  • « P » ou « PIN » renvoie à une chaîne pentyle, « BUT » à une chaîne butyle. « 4en » indique que la chaîne pentyle porte une double liaison.
  • « MDMB » et « ADB » décrivent la « tête » de la molécule, la partie qui influe sur sa puissance et sa durée d'action.

Ce jeu de construction explique pourquoi de nouvelles variantes apparaissent sans cesse. Il suffit de modifier un fragment pour obtenir une molécule différente, qui n'a jamais été testée et dont les effets restent imprévisibles.

MDMB-4en-PINACA : le plus répandu en Europe

Le MDMB-4en-PINACA circule sur le marché européen depuis au moins 2017, année de sa première saisie par la police en Allemagne. Selon l'évaluation des risques menée par l'Agence de l'Union européenne sur les drogues (EUDA, ex-EMCDDA) fin 2020, il avait déjà été identifié dans 21 États membres, ainsi qu'en Norvège et en Turquie. Plus de 770 saisies avaient été signalées, dont environ 47 kg de poudre.

Cette même évaluation recensait 12 décès avec une exposition confirmée entre janvier 2019 et août 2020 : 8 en Hongrie, 3 au Royaume-Uni et 1 en Suède, ainsi que des intoxications graves ayant nécessité une hospitalisation. Le produit était vendu sous forme de mélanges à fumer, de poudres, de papiers imprégnés et de liquides pour cigarette électronique. Une part notable des saisies a eu lieu en milieu carcéral.

En France, le dispositif d'analyse SINTES de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) l'a identifié en 2021 comme l'adultérant le plus fréquent dans les échantillons de cannabis frelaté analysés. Autrement dit, des consommateurs pensant acheter de l'herbe ou de la résine ont reçu un produit pulvérisé avec cette molécule.

ADB-BUTINACA : présent dans les herbes et les e-liquides

L'ADB-BUTINACA a été identifié pour la première fois en Suède en 2019. D'après le rapport préparé pour le comité d'experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il avait ensuite été détecté dans au moins onze pays, dont la France, sous forme d'herbes pulvérisées, de liquides à vapoter, de papiers imprégnés et de poudres.

Les cas cliniques décrits dans ce rapport montrent des patients peu réactifs ou inconscients, parfois agités avant de sombrer dans une léthargie, ainsi que des épisodes de paranoïa extrême et de dissociation. Plusieurs décès ont été recensés à l'étranger, notamment aux États-Unis et à Singapour, même si la présence fréquente d'autres substances rend l'attribution difficile. En France, l'OFDT le cite parmi les cannabinoïdes de synthèse les plus fréquemment saisis, et il fait partie des molécules régulièrement retrouvées dans les liquides de type PTC.

ADB-4en-PINACA : un nouveau venu encore peu étudié

L'ADB-4en-PINACA est apparu au début de l'année 2021. Il combine la tête « ADB » de l'ADB-BUTINACA et la chaîne « 4en » du MDMB-4en-PINACA. Sa puissance mesurée en laboratoire le place dans la même catégorie que ses cousins.

Le centre d'addictovigilance de Lille l'a identifié dans des e-liquides vendus aux abords d'établissements scolaires sous les noms « PTC », « Buddha Blue » ou même « CBD ». Les données humaines restent rares, ce qui ne signifie pas qu'il est moins dangereux : cela signifie simplement que personne ne sait précisément quels effets il produit. Il est déjà classé parmi les drogues contrôlées aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Quels sont les effets et les dangers de ces cannabinoïdes de synthèse ?

Les autorités sanitaires décrivent des effets beaucoup plus violents que ceux du cannabis, qui peuvent survenir dès la première consommation :

  • Des troubles neurologiques : agitation, confusion, convulsions, perte de conscience pouvant aller jusqu'au coma.
  • Des troubles psychiatriques : hallucinations, attaques de panique, épisodes psychotiques, idées suicidaires.
  • Des troubles cardiovasculaires : accélération ou ralentissement du rythme cardiaque, douleurs thoraciques, malaise.
  • Des troubles respiratoires et digestifs : dépression respiratoire, nausées et vomissements.

Le danger tient aussi à l'imprévisibilité. La quantité de molécule varie fortement d'un flacon ou d'un sachet à l'autre, et un même produit peut contenir plusieurs cannabinoïdes de synthèse différents. Enfin, ces substances ne sont généralement pas détectées par les tests de dépistage classiques du cannabis, qui recherchent les métabolites du THC. Une personne intoxiquée peut donc présenter un test négatif.

Que dit la loi en France ?

La France encadre les cannabinoïdes de synthèse depuis 2009. En 2017, un arrêté a inscrit douze familles chimiques et dix substances supplémentaires sur la liste des stupéfiants. Les molécules apparues ensuite ont été ajoutées au fil des décisions de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) :

  • Le MDMB-4en-PINACA a été placé sous contrôle dans toute l'Union européenne en 2021, après l'évaluation des risques de l'EUDA, puis inscrit au niveau international. En France, une décision de l'ANSM du 9 décembre 2021 l'a inscrit sur la liste des stupéfiants correspondant à ce contrôle international.
  • L'ADB-BUTINACA a été inscrit au niveau international en mars 2023. L'ANSM l'a inscrit sur la liste correspondante par une décision du 20 juillet 2023.

Concrètement, la production, la vente, l'achat, la détention et l'usage de ces substances sont des infractions pénales. L'étiquette « CBD », « légal » ou « 100 % naturel » ne protège ni le vendeur ni l'acheteur. Pour une vue d'ensemble des molécules autorisées, interdites et en zone grise, consultez notre page nouvelles molécules.

Comment ces molécules se retrouvent-elles dans de faux produits CBD ?

Les cannabinoïdes de synthèse se présentent à l'état pur sous forme de poudre. Les trafiquants les dissolvent dans un solvant, puis les pulvérisent sur des fleurs de chanvre ou les mélangent à des e-liquides. Le résultat ressemble à un produit ordinaire : une herbe d'apparence normale, une résine, ou un liquide incolore et souvent inodore. C'est ce que décrivent nos articles sur le PTC et sur le Spice.

Selon un message DGS-Urgent de juin 2026, environ 500 cas d'exposition aux cannabinoïdes de synthèse ont été signalés en France depuis début 2025. Plus de 70 % concernent des adolescents de 13 à 18 ans, 71 % des cas étaient graves et deux décès ont été rapportés. Les autorités soulignent que ces e-liquides sont souvent présentés comme contenant du CBD.

Comment se protéger quand on consomme du CBD ?

Le CBD est une molécule naturelle du chanvre, non classée comme stupéfiant. Les produits qui en contiennent peuvent être vendus en France lorsque leur taux de THC est inférieur à 0,3 %. Quelques réflexes permettent d'écarter les produits frelatés :

  • Achetez auprès d'une boutique ou d'un site identifié, avec une adresse et un service client joignables.
  • Demandez le certificat d'analyse du laboratoire, avec le taux de CBD et le taux de THC.
  • Refusez tout produit sans étiquette, sans composition ou vendu via les réseaux sociaux.
  • Méfiez-vous des promesses d'effet « défonce » : le CBD n'est pas psychotrope.

Chez CBD'EAU, nos fleurs de CBD, nos résines de CBD et nos e-liquides CBD proviennent de fournisseurs identifiés et sont accompagnés de leurs analyses.

Que faire en cas d'intoxication ?

Après avoir fumé ou vapoté un produit inconnu, certains signes doivent alerter immédiatement : convulsions, perte de connaissance, douleur dans la poitrine, agitation extrême ou difficultés à respirer.

  • Appelez le 15 ou le 112 sans attendre.
  • Ne laissez pas la personne seule et placez-la en position latérale de sécurité si elle est inconsciente et respire.
  • Conservez le produit consommé, sans le manipuler : son analyse aide les soignants à identifier la substance.
  • Pour toute question, Drogues Info Service répond gratuitement et anonymement au 0 800 23 13 13.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le MDMB-4en-PINACA ?

Le MDMB-4en-PINACA est un cannabinoïde de synthèse de la famille des indazole-carboxamides, présent sur le marché européen depuis au moins 2017. C'est l'une des substances les plus souvent retrouvées dans le cannabis frelaté et les e-liquides de type PTC. Il est classé comme stupéfiant en France.

L'ADB-BUTINACA est-il légal en France ?

Non. L'ADB-BUTINACA est classé comme stupéfiant en France. Après son inscription au niveau international en 2023, l'ANSM l'a inscrit la même année sur la liste correspondante des stupéfiants. Sa vente, sa détention et son usage sont interdits.

Quelle différence entre MDMB-4en-PINACA et ADB-4en-PINACA ?

Les deux molécules partagent la même structure de base et la même chaîne latérale. Elles diffèrent par leur « tête » chimique : MDMB pour la première, ADB pour la seconde. L'ADB-4en-PINACA est apparu plus tard, en 2021, et reste beaucoup moins étudié.

Ces molécules ont-elles un lien avec le CBD ?

Aucun. Le CBD est une molécule naturelle du chanvre, non psychotrope. Les PINACA sont des molécules fabriquées en laboratoire, bien plus puissantes que le THC. Certains vendeurs les pulvérisent sur des fleurs ou les diluent dans des e-liquides présentés comme du CBD.

Que faire en cas de malaise après avoir fumé ou vapoté un produit inconnu ?

Appelez immédiatement le 15 ou le 112, ne laissez pas la personne seule et conservez le produit consommé pour permettre son analyse. Drogues Info Service répond aussi aux consommateurs et aux familles au 0 800 23 13 13.

L'essentiel. Le MDMB-4en-PINACA, l'ADB-BUTINACA et l'ADB-4en-PINACA sont des cannabinoïdes de synthèse bien plus puissants que le THC, sans aucun lien avec le CBD. Les deux premiers sont classés comme stupéfiants en France, et tous trois sont retrouvés dans des intoxications graves, notamment chez les adolescents. Leur principal piège est de se cacher dans des produits qui ressemblent à du cannabis ou à du CBD. Pour consommer du CBD sereinement, choisissez toujours des produits identifiés et analysés.

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